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L'un de mes blogueurs favoris est devenu un pote. Une plume de fer dans un coeur d'or. Ce matin, après une grosse journée de pluie qui ferait ressembler San Francisco à un Dieppe de Toussaint, le soleil brille à nouveau à travers mes rideaux. Je me redresse tranquillement dans mon lit, saisissant machinalement mon ordi, comme d'autres iraient pisser ou enfiler leurs lunettes. 642 notes en retard, qui vont des 56 résultats de l'Équipe (je suis les matchs nuls du PSG à distance) aux 47 news du Monde en passant par les 16 de Techcrunch. Mais chaque jour, mon premier regard, qu'il neige, qu'il pleuve ou qu'il vente, va sur la ligne "Resse ? Pire encore!". Quand c'est en gras, c'est qu'il a écrit quelque chose et je me réjouis comme lorsque chaque mercredi, étant enfant, je pénétrais chez Cassan, une librairie disparue dans laquelle j'achetais Pif Gadget et quelques carambars à 20 centimes.

Ce matin, je ne sais par quel miracle, il y avait 4 notes en retard. Imaginez ma joie. Je n'ai pas été déçu. On trouve parfois chez l'autre des textes ou des pensées qui font écho. Chez Hervé, c'est quasi systématique. Je ne dis pas que je suis d'accord avec tout, mais j'adhère à la manière et à l'extrême cohérence de sa ligne de conduite. Je suis fan des mauvais caractères, des ambitieux et des cyniques. Je me réjouis donc de ses combats, contre les abus de langage et de l'existence, contre la connerie banalisée et l'hypocrisie, les culs béni oui-oui et les adelphités. On le taxe parfois (lui en premier) de ronchon conservateur ? Non. Sensibilité à fleur de peau et goût pour le vrai, le tout enroulé dans quelques feuilles de tendresse, comme un rouleau de Printemps farci à la liberté.

Je ne sais pas pourquoi j'écris tout ça ce matin, sans doute est-ce la lecture de ses notes qui me l'ont inspiré. Au début, je voulais réagir à son dernier post qui parlait de "colonne vertébrale"  : "Et j'essaie au-delà de l'évolution personnelle, des contradictions, erreurs, confusions, errements, doutes... d'identifier ce qui est resté intangible, solide, formerait, au fond, ma colonne vertébrale identitaire, l'invariant structurant. Ce qui au soir de ma mort (j'aimerais mieux mourir un soir, oui, juste avant de passer à table, à l'heure même où je suis né, 18h30.) je saurais enfin dire qui était ce gros con avec lequel j'aurai passé ma vie."

Des simples phrases qui vous font lever les yeux et penser à vous-même. Vous faire penser à vous, exprimer mieux que vous, à un moment, ce que vous ressentez de façon persistante. Cette colonne vertébrale identitaire, c'est passionnant. Savoir qui je suis, et ce qui me constitue. Et remplacez gros con par qui vous voulez, vous peut-être. Au soir de ma vie, comment pourrai-je regarder en face celui que j'ai été, et quels sont ces vertèbres qui m'auront tenu jusqu'à là ? Le rêve ? La famille ? Le respect ? Les amis ? Ou pas. Où est ma vérité ? N'aurais-je pensé qu'à moi ? Ou pas du tout finalement...

Je voulais donc écrire tout ça mais je me suis laissé emporter par sa plume. Alors tu m'excuses mon ami, je sais que les louanges c'est pas ton truc. Pas le mien non plus d'ailleurs, mais bon, de temps en temps ça fait du bien de dire tout haut ce qu'on pense tout haut. Pi c'est pas grave le petit mensonge sur les Sex Pistols. J'ai prétendu des années avoir vu Karen Chéryl toute nue dans sa loge après un concert. Je ne vous dis pas la tête de mes copains...

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Tag(s) : #DIVERS
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