Etrange sensation. Tout devrait laisser penser le contraire. A priori, nous ne sommes attachés à rien sinon à un contrat ADSL.
"Un blogueur est libre dans sa tête, pouvant se connecter n'importe où, à n'importe quel moment, parlant de n'importe quoi à n'importe qui. Internet est un grand village où je parle à mon voisin de Papouasie si je veux, et super vite mon cochon."
Que dalle.
L'Internet est national, au mieux continental. Les clans se reconstituent, politiques, culturels, sexuels, etc. Les soirées sont locales. Les interviews sont Parisiennes.
Ici, à 9000 kilomètres, je sens s'effilocher doucement le cordon ombilical. Il y aurait donc un sentiment blogonational ? Loin de ma patrie, j'ai l'impression qu'une grande partie de foot se joue avec moi sur le banc qui regarde tout le monde s'amuser.
De quoi parlez-vous ? Sûrement d'un Grenelle de quelque chose. Ici j'en sais rien. Je n'ai pas la télé et pas encore les bons flux. Déraciné dans un other world, pour le moment émerveillé. Envie de raconter mais bon... C'est comme lorsque vous revenez de trois semaines de vacances en Thaïlande. Vous avez beau tenter d'expliquer, vous avez l'impression que votre interlocuteur ne peut pas comprendre. Il vous écoute, on sent qu'il sent que c'est bien. Mais il y a comme une image qui manque.
Le voyage. Une aventure extrêmement personnelle au fond, qui ne remue que soi-même et quelques proches. Un blogueur qui change de pays change-t-il de visiteurs ? S'accroche-t-il à son blog natif comme à une bouée de sauvetage ? Aura-t-il le courage et la patience de tout recommencer ?
À suivre, ou pas, dans une langue ou dans une autre, qui sait ?
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