Il y a trois semaines, tandis que je sirote un Campari-orange sur la terrasse, admirant mes enfants et mon bonheur basque, je reçois un coup de fil d'une jeune femme que j'avais croisé grâce aux blogs. Nous avions pris un café il y a quelques semaines, se disant que ce serait sympa de bosser ensemble à l'occasion...
La jeune femme est responsable de la production audiovisuelle dans une agence de communication. "J'ai besoin d'un auteur la semaine prochaine, pour un gros film interne lors d'un lancement de produit. Tu veux le faire ?". Pas de souci. Je rentre le 16, je m'y mets le 17 si ça te va ; ça lui va.
Je ponds le scénario. Ils aiment. L'agence. Le client. Tout va bien. Je rencontre le réalisateur avec qui le courant passe super bien. Le mec est drôle, on sent qu'il est malin. Pour le casting, comme il est indisponible, il me demande d'assurer la surveillance, de veiller à ce que les comédiens soit bien briefés sur leurs personnages. Me voilà Manu Kache devant une quarantaine de comédien(ne)s qui défilent. En tout 7 comédiens pour ce film plutôt drôle inspiré des classiques de la science-fiction. Ah oui, j'ai oublié de vous dire, je joue dedans ! Ha ha ha...
Vendredi dernier, me voilà en tenue d'explorateur de l'espace. Sorte de baby-gros jaune fluo qui me sert serre les roupettes. Il va falloir faire des retouches, c'est moi qui vous le dis. La styliste me file mes chaussures de plongée (ça fait futuriste) et ma ceinture galactique. A cet instant, je me demande ce qui s'est passé, pourquoi, comment, mes études, ma famille, tout ça...
Comme le tournage a lieu demain et après-demain dans le Nord, on s'est tous réunis ce matin pour valider une dernière fois les costumes. L'un des comédiens, le commandant, était un de mes clients il y a 4 ans, dans nos anciennes vies. Je ne l'avais jamais rencontré, juste eu au téléphone pendant des mois et des mois. Cela faisait quatre jours que je me demandais pourquoi je connaissais son nom. En réalisant l'affaire, on a ri comme des jeunes filles. Lui, ancien gros cadre d'une grosse boite, en baby gros rouge, et moi, son ancien prestataire, en baby-gros jaune ! Deux télétubbies avec des pistolets en plastique, je vous assure, c'est bizarre. Nous voilà une bonne quinzaine, à 9h00 du matin, à se tirer dessus avec des jouets et à imiter Star Trek. Maquilleuse, accessoiriste, premier assistant, directeur de prod, stagiaire, cadreuse, etc., que des noms qui claquent comme un générique de film. Chacun son rôle, chacun sa place et son job. J'adore.
Ce n'est pas la première fois que je ressens ça, ce bonheur intense vécu dans un endroit. Je dois l'avouer. J'aime les plateaux, les histoires qui prennent forme, les comédiens et les professionnels de l'image. Des petites fourmis organisées qui se mettent ensemble le temps d'un projet. On se regarde, on se renifle, on essaie de se plaire. Mais tout le monde est là pour bosser, malgré les apparences. C'est jouissif !
Ce soir, départ pour le tournage. Nous sommes 30 humains à mettre nos vies privées entre parenthèses pour donner le meilleur de nous, loin de chez nous. 30 personnes qui vont s'unir sur une petite histoire sortie de ma tête. Parfois, je vous jure, c'est grisant.
Tout ça, au bout du compte, grâce au blog.
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