Un jeu de mots pourri pour commencer. Nous sommes à 45 minutes de la cérémonie de clôture du Festival. Il est prévu que je monte sur scène pour faire le malin. Sur le programme de l'organisation, il est écrit "ONE MAN SHOW". Comment vous dire... A l'heure qu'il est je pourrais m'enfuir déguisé en raviole dans le premier bus venu. Si vous avez déjà eu la trouille de parler en public, et bien repensez-y et multipliez par 100. Je suis Bob l'éponge. Pourquoi tant de trac ? J'en sais rien. Au web.2, je n'y avais même pas pensé. Là, je suis tétanisé. En fait je sais. D'un côté il y a les 400 personnes qui vont poser leur regard sur moi en se demandant qui c'est ce boufffon. Et de l'autre il y a François Rollin, avec qui j'ai eu la chance de déjeuner en tête-à-tête. Et ce regard là me fout une trouille baccalauréatesque. Je ne vais pas tourner autour du pot, ce mec est un vrai. Humain jusqu'au trognon, il m'a raconté tout, sa carrière, ses potes, le métier, les angoisses. Je l'imaginais un peu froid, sans doute à cause de cette voix grave et bien portante, de ses mots polissés et ce maniement de l'absurde trop parfait pour être honnête. J'ai vu un mec sympa, limite fragile, riant, cool. Du coup je suis comme une crotte à me demander ce que je fous là, comme d'habitude. Pourquoi vient-il toujours, à chaque fois, sans prévenir, ce moment où je me demande ce que je fous là ?
Dans une heure environ, je serai tout seul sur la scène, devant tout le monde, à balancer des conneries. Pour la première fois depuis je ne sais quand, j'ai les tripes à la mode de Caen.
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