La nouvelle du jour, celle qui va faire causer dans les chaumières et sur les blogs, c’est l’ultime érection de Saddam Hussein. Pendu haut et court, allez hop.
Alors j’essaie de faire le tri dans mes pensées, mes émotions, pour comprendre ce que j’en pense. Comme beaucoup, je suis contre la peine de mort. Echec global et manifeste, la peine de mort est une solution un chouilla excessive. Allez Saddam, tu montes là, tu baisses la tête, boum, t’es mort. Qu’est-ce qu’il y a à la télé ce soir ?
(silence)
La condamnation de Saddam va générer de nouvelles tensions, nourrir de nouvelles frustrations, incruster profondément et pour longtemps la haine de l’Américain dans le conscient collectif (en avaient-ils davantage besoin ?), apporter le martyr en lieu et place du boucher... Alors échec. Triple échec.
(silence)
Et pourtant, si je regarde bien au fond de moi, sa mort ne me fait rien. Bestialement, animalement, je pourrais même dire que ça me fait un peu plaisir. J’espère qu’il a bien eu conscience de ses meurtres, des ses méfaits, d’avoir choisi le mal plutôt que le bien. Nous avons été si nombreux à regretter que Pinochet ne paie pas pour ses meurtres. Voilà le mal un peu réparé, le besoin de vengeance, la dose de sang qui calme la meute. Ce type avait tué de sa main. Il a eu les yeux grand ouverts pour admirer sa mort, la corde, la fin. J’espère qu’il s’est fait sous lui, qu’il a pleuré, qu’il a vécu l’enfer de ses dernières minutes.
(silence)
D’un côté la raison, l’équilibre, la projection, me font conclure à une erreur de plus. De l’autre le coeur, les tripes, la justice des familles, préhistorique, qui envoie crever la raclure dans sa fiente assassine.
Pas facile. Mais au bout du compte, je ressens à cette nouvelle la même émotion qu’après une défaite du PSG. Une sale nouvelle de plus, mais plein d’autres choses à penser beaucoup plus graves, beaucoup plus importantes au fond.
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