À l'heure où je vous parle le cafard Libyen est planqué quelque part et nous restons sur notre faim.
C'est que nous sommes habitués à ce que le film dure 110 minutes, avec un climax à la fin des deux tiers et une résolution dans le sang et l'honneur. On avait eu Caucescu, misérablement fusillé avec sa meuf au pied du mur, dans leur manteaux de fourrure souillés par un procès expéditif. On a eu Saddam Hussein déterré comme un rat dans une cave humide, puis pendu rapidos sous l'objectif d'un vidéaste amateur. On a eu Ben Ladden, le mâitre, resté planqué dix ans dans une villa à quelques mètres de l'armée Pakistanaise, à jouer à la Nintendo et à regarder ses exploits sur CNN, finalement criblé de balles et jeté aux mérous. Et maintenant le chef des demeurés, le dictateur paranoïaque, introuvable.
Je serais à la place des rebelles, je serais vert. Le régime, les bâtiments, les armes, les villas, les cousins, tout ça c'est bien joli, mais il manque un truc. Et je voudrais pas être pessimiste, mais en ayant observé le personnage (et lu son "Livre vert", un régal je vous le conseille), j'ai du mal à penser qu'il n'ai pas prévu un plan B, F H voire L, pour s'en tirer, sans parler de ses plans Q. Le système de la terreur instauré par cette famille de débiles mentaux est fondé sur la paranoïa, le contrôle et l'anticipation. Il me semble qu'à sa place, avec ses milliards, et compte tenu de sa moralité, j'aurais creusé un tunnel réel ou virtuel me conduisant directement sur une plage de sable fin, chirurgie esthétique à la clé, avec des nouvelles fringues plus "stylées" et une Porsche des années 60 pour bien profiter de ma retraite d'enfoiré. Je ne crois pas à sa bande radio diffusée ce matin, disant qu'il ne se rendra jamais et qu'il faut défendre Tripoli. Il prétend "s'être baladé incognito dans Tripoli", hahaha, quel farceur, mais oui. Le type n'a jamais fait quatre mètres sans douze garde du corps et huit voitures blindées, et le jour où il y a le plus de mecs décidés à le décapiter au mètre carré, il met les lunettes de Groucho Marx et va se poiler en criant "à mort le tyran" au milieu des rebelles, au risque de se prendre une bastos dans le buffet, payée par lui en plus. Tout à fait. Je sens bien le truc. En vérité JE SAIS et vous livre mes supputations : il est actuellement dans un hamam avec des putes Ukrainiennes en train de rédiger le petit livre rose à l'usage des gogos qui vont lui piquer son pétrole mais il s'en fout parce qu'il a de quoi vivre jusqu'en 3050 sans bouger son petit doigt de cafard veule et sanguinaire.
Alors on y croit, on attend, on mate en direct les rebelles crier "Allah Akbar" en se faisant allumer par ces raclures de snipers au chômage, on cherche de l'espoir au milieu des fumées et on se dit que si Kadhafi était sur Foursquare ce serait plus simple, sans parler des points de bonus pour celui qui le délogerait comme mayor de la Libye (en béton bien sûr). En attendant la fin du film on passe sur les autres programmes, DSK, le tremblement de terre, les Championnats du Monde de Judo,... Mais on garde un oeil sur le film parce qu'il nous manque une putain de bonne fin comme on les aime avec un dictateur qui rampe dans son microscopisme et des gens comme nous qui gagnent à la fin.
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