En regardant les débats des primaires, j'ai eu l'impression d'assister à la dernière saison d'un jeu télé en fin de carrière.
Je me suis dit que celle ou celui qui allaient gagner cette farce aurait autant d'influence sur le monde que le petit caviste de mon quartier. Aujourd'hui, désormais, les problèmes sont universels et les solutions collectives. Le débat est ouvert. Les idées sont partout et multiples.
Je ne crois plus au monarque.
Un pion parmi d'autres, dépassé, englué, quelle que soit sa bonne volonté. S'en remettre à une seule personne n'a plus de sens, sauf un alien mais je ne vois rien venir. L'état providence ? Le libéralisme ? Deux lignes dans mon vieux Lagarde et Michard. Les marionnettes en veste rouge ou blaser bleu sont les séquelles d'un vieux rêve qui montre chaque jour sa déliquescence. Promesses aussi petites que vaines.
Je me demandais soudainement, au pied de ce sentiment d'impuissance, si Internet n'allait pas rendre à nouveau possible la démocratie Athénienne, la vraie. Celle où le peuple est présent à l'Assemblée, où les responsables tournent, où la faute est punie et les lois réellement votées à la majorité des présents.
J'imaginais naïvement un système où, chaque semaine, nous pourrions TOUS voter les projets depuis notre ordinateur personnel ou l'ordinateur de quartier, celui de la mairie ou de l'école communale. Ou depuis le mobile, pratique. Un gros chantier par semaine, soumis à l'expression populaire exacte, mathématique. Style Suisse. Avec débats permanents accessibles en ligne, arguments, chiffres, preuves, références, soutiens, dossiers, liens ; et résultats le dimanche soir en prime time. On vote bien pour dire si le PSG sera champion cette année, on doit pouvoir en faire autant sur des sujets plus critiques. Non ?
Pour s'occuper de nous, des gens qui tourneraient, tirés au sort (comme à Athènes), à un rythme qui ne laisserait plus le temps de s'installer, de se corrompre et de remplir des valises. Une équipe de "Country Managers" en CDD de un ou deux ans, archi contrôlés, bichonnés, bien payés, responsables, redevables. Des pros de l'honnêteté, des bêtes de chez bêtes en empathie, des mecs sans autre ambition que celle de faire marcher la machine, la nôtre. Truc de fou. En cas d'écart de conduite, dehors, punis, point.
Tout à coup ça m'a paru limpide, comme si à nouveau le peuple reprenait le contrôle. Techniquement c'est jouable. C'est un chantier de vingt ans, mais c'est jouable.
Je sens que ça va coincer au dernier étage. Rapport à la constitution, aux privilèges, aux élites, tout ça.
Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied non plus.
(Hadopi ?)
"Je brainstorme", comme on dit.
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