Il est comme un doudou, une part de moi, jamais très loin. Commencé vers 2001, on attendait un enfant.
Je m'étais acheté cette toile, ce carton solide a fines rigoles, une plume et quelques petits pots d'encre chinoise.
Je n'ai jamais vraiment eu l'idée de ce que je voulais représenter, c'est juste que malgré moi j'ai fait des traits, du genre de ceux que l'on faisait près d'un téléphone fixe à l'époque où l'on restait assis, prisonnier du fil du combiné. Des traits, des ronds, des ombres, des croix, des dents qui ingurgitent des silhouettes. Je me rends compte, mais totalement compte, de la laideur générale du truc ; mais j'y trouve tout de même quelque chemin, celui de mon inconscient qui soupire.
J'ai poursuivi ce dessin chez les moines en Mai dernier. L'encre s'est asséchée et la plume cassée. Cette semaine je suis allé me réapprovisionner : juste une jolie petite bouteille d'encre noire et un magnifique plume vierge de toute agression.
J'adore reprendre ce dessin, infini ; à chaque fois c'est bon signe, c'est que je continue de muter...
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