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backgammon3Le Backgammon, c'est le jeu hypnotique qui peut me faire flipper dans ma tête pendant des heures. Et depuis que j'ai acheté l'appli qui va bien, c'est pire (8€ ! T'y crois ?). Contre la bête, en mode super champion expert, je m'imagine à la table, ambiance vert Jaguar comme au billard, tâtant du duo de dés transparents qui roule sur le feutre et les flèches en cuir. Le backgammon commence par un espoir, le premier jeté de dés. On attend beaucoup de ce premier parce qu'il va décider de TOUT.

Une partie qui commence par un double 6 est une partie dans laquelle vous vous sentez le maitre du monde. Avec un double 6, vous bloquez immédiatement les deux flèches les plus stratégiques du jeu. Bon, ça n'arrive pas souvent ; pour info il y a une chance sur 36 de sortir un double 6. Juste après le double 6, il y  a quelques tirages qui font plaisir, comme le 6-1, le 5-3, le 4-2, le 5-3 ou encore le double 1 pour qui j'ai une tendresse particulière. Il me fait penser à la Tour aux échecs. Le double 1 permet de bloquer 3 flèches essentielles, l'air de rien, solide, puissant. Certains aiment bien commencer par un 6-5 qui envoie l'un des deux pions lointains se protéger au chaud ; pour ma part je ne suis pas fan parce que celui qui reste seul est vraiment vraiment seul...

6-des-a-jouer-rouge-translucide-14-mm-de-1-a-6En cours de jeu, l'essentiel du plaisir réside à choisir entre solidifier, fuir, attaquer, se sacrifier, bloquer. Il existe mille façons de jouer une même partie. Avec le temps, on apprend à compter sans compter, à ressentir l'intuition de la probabilité. On sent qu'on est en retard et que seul un double 4 vous sortirait de la mouise. Cela ne sert pas à grand chose de jouer son destin sur un coup de dés qui n'a qu'une chance sur 36 de se produire. Il vaut mieux courber l'échine, accepter une défaite, que s'entêter à défier des statistiques... Et replacer les pions pour se refaire, avec ce premier jeté qui revient.

En fin de partie, souvent il faut courir pour sortir ses pions. Face à face, les deux joueurs prient pour avoir de la chance aux dés. En fin de partie, les doubles quand ils tombent sont comme des buts inscrits dans la lucarne, ils sont jouissifs, ronds, accélérateurs de joie. À l'inverse, quand vous courrez pour sortir, que vos dés sont tous rangés en 6, 5 ou 4 et que vous sortez un 2-1, c'est juste insupportable. Vous voudriez tout arrêter. Mais vous espérez, vous rêvez, de ce but dans la lucarne le coup d'après, avec pourquoi pas un double 6 qui vous garantirait de sortir 4 pions d'un coup où que vous soyez. Un double 6 en fin de partie, c'est comme un coup de massue que vous assénez à votre adversaire, souvent fatal ; c'est bon comme un calva en fin de repas.

Le backgammon, c'est 50% de chance, 50% de stratégie.

Ce qui rend le tout extrêmement plaisant, inaccessible, ingérable. Pourtant, entre deux lancés, les choix qu'on fait sont déterminants.

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20/20 au Backgammon
20/20 au Backgammon
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