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Lou Doillon Nue Givenchy MISE à JOUR : La vidéo a été retirée. Est-ce une décision de Givenchy ? Dailymotion ? Lou Doillon ? Qui a fait une boulette ? Une enquête que quelqu'un, j'espère, mènera jusqu'au bout. Il en va de notre survie.

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- "Tu as vu le clip de Lou Doillon toute nue ?"

- "Hein ? Non. Pourquoi ? Elle est toute nue ? Où ça ?"
- "C'est pour Givenchy. Va voir c'est super..."

Je clique (vidéo en pied de ce post). J'aime bien Lou Doillon, je me dis que ça ne peut pas faire de mal de la voir toute nue. En tout cas ce sera moins douloureux qu'une claque dans la face.

Nous sommes sur le toit d'un immeuble ; ça me rappelle les Beatles, U2 ou le groupe Yes. Je pense musique. Je pense happening. A tous les coups c'est de l'art.

Il y a un logo FLY. J'ai d'abord pensé à que c'était le logo d'Yves Saint-Laurent puis celui de la marque d'électroménager. Mais on m'a parlé de Givenchy donc je m'attends à voir du Givenchy partout ; mais non. C'est sans marque, c'est sans doute viral, genre teaser audacieux. La marque se soustrait au spectacle pour laisser parler l'artiste : c'est très fort. Une grande toile noire sert de fond noir au bout d'un rail. On montre les détails techniques, nous sommes dans l'intime, entre making-off, fiction et réalité, dans une zone poétique qui n'appartient qu'à nous, bande de voyeurs, nous qui espérons voir les nénés (et peut-être plus ?) de la fille de Jane Birkin et de Jacques Doillon. Elle est là, soudain, de près ou de loin, la réalisation hésite dans un bel exercice de tâtonnement, j'y vais ou j'y vais pas, suis-je autorisé à pénétrer dans l'intime de cette jeune femme ?

Bob, à l'agence, a suggéré qu'elle porte quand même des chaussures et un petit blouson, parce que comme ça on n'est pas obligé de voir la foufoune tout de suite et elle risquera pas de marcher sur les petits bouts de verre laissés la veille par les poivrots qui ont célébré Raël en buvant de la Kro et en chantant les 2b3 en guise de pénitence. En plus Lou a les pieds plats et ce n'est pas très photogénique. Edgar, le styliste, a dit "OK pour les chaussures si on les voit vraiment parce que si c'est pour lui mettre des tongs ça fera vraiment niais !". Bob a suggéré ses Timberland et tout le monde a applaudi. Edgar a même proposé qu'on rajoute le logo Timberland sous le sein gauche pour faire un rappel avec les pompes. "Et puis comme ça c'est comme si elle a trois tétons !" a gueulé Boris le stagiaire qui s'est pris une claque dans sa face.

Il y a du vent sur le toit, personne n'avait prévu cela, c'est vraiment pas de bol. Bob demande à la régie d'aller chercher des sacs de sable pour tenir le machin. Edgar le styliste, exaspéré, fait une crise de nerfs en voyant ces gros sacs peser sur l'équilibre de l'image. Lou le prend dans ses bras et lui susurre un mot doux. Edgar s'apaise. Le gars du marketing de chez Givenchy reprend son souffle. On peut enfin tourner...

Au début, Lou (Oui ? C'est moi...), elle se gratte de partout parce que Boris le stagiaire il s'est vengé de la claque en mettant des chutes de cheveux dans la moumoute du blouson. "C'est pas grave !" a hurlé Edgar le styliste, "continue à te gratter ça te donne une contenance et c'est bon pour la marque. Tout le monde rêve d'un parfum qui gratte c'est connu, ça rajoute une dimension...". Lou se gratte. On s'approche d'elle et c'est fou c'est qu'elle ressemble à sa mère. Elle a le même regard, les mêmes dents, et donc la même petite poitrine c'est confirmé. En fond musical il y a ce célèbre jovial violoncelle à la Française, celui qui passe en boucle dans les open space chez France Telecom et que personne n'a pensé à éteindre pour régler tous les problèmes. Lou me regarde droit dans les yeux, elle assume parfaitement le fait de porter un chapelet en guise de robe, comme vêtue d'une longue prière, irritée par le poids des conventions et des tabous, elle affronte le regard de Dieu, avec cette croix qui caresse sa toison dans un accouplement discret, tendre et véritablement pas correct aux yeux des censeurs qui mettent des parfums pour gens qui ont des chapelets tout petits qui ne frottent pas leurs poils. Lou y es-tu ? Oui, aux portes de la transgression, je porte le parfum de l'irrévérence et j'ai bien rasé ma foufoune ; ça m'a coûté 200 euros chez Zouari et je rappelle qu'il ne faut pas confondre les taux de Zouari et le zoo de Toiry, c'est un coup à se faire bouffer par un Lion.

Tout à coup il y a une voix ! Une voix grave et rauque qu'on suppose être la sienne sinon elle est vraiment juste payée à se gratter, c'est pas du jeu. Un texte un peu décousu à base de dards venimeux et de pommes d'or. Pas le temps d'écouter le charabia, j'attends qu'on la voit vraiment toute nue parce que moi je suis un peu resté sur ma faim avec ses chaussures et ses petits nénés. C'est Vénus ! Je viens de piger. Je ne l'avais pas reconnue à cause des sacs de sable. Il avait raison Edgar. Vénus est maintenant toute nue, très jolie je dois l'admettre, belle pépé la Lou ! Je constate au passage, grâce à sa posture de profil, que ce ne sont pas des Timberland mais des chaussures à talon haut avec une petite moumoute à la cheville, nettement plus appropriées me dis-je intérieurement.

Soudain ils se marchent dessus dans la bande son, ils ont les deux pistes qui se chevauchent et le texte qui était déjà incompréhensible devient l'expression d'une personnalité qui se dédouble, des images du petit chaperon rouge viennent se superposer, elle se rapproche du toit va-t-elle sauter non elle imagine et elle prie et elle se tourne et elle a un crocodile Haribo sur la fesse droite qui est dodue comme tout c'est magnifique Edgar jouit sur le toit et Bob enfin entrevoit le Lion d'or qui l'attend à Cannes avec Lou Doillon à son bras, portée par le souvenir de ce moment extatique, ce jour de Juillet sur un toit !...

Le film s'arrête. Pas de marque. Comme le souvenir d'un clip défendu à base de feuilles enveloppantes, d'un ave et de deux pater, comme un souffle onirique sur un pubis touquette.

Merci Bob.

Ci-dessous le texte, écrit par Gérard Manset pour Alain Bashung, et donc récité par Lou.

Là un dard venimeux Là un socle trompeur Plus loin Une souche à demi trempée dans un liquide saumâtre Plein de décoctions D'acide… Qui vous rongerait les os et puis L'inévitable Clairière amie Vaste, accueillante Les fruits à portée de main Et les délices divers Dissimulés dans les entrailles d'une canopée Plus haut que les nues… Elle est née des caprices Elle est née des caprices Pommes d'or, pêches de diamant Pommes d'or, pêches de diamant Des cerises qui rosissaient ou grossissaient Lorsque deux doigts s'en emparaient Et leurs feuilles enveloppantes La pluie et la rosée La pluie et la rosée Toutes ces choses avec lesquelles il était bon d'aller Guidé par une étoile Peut-être celle-là Première à éclairer la nuit Première à éclairer la nuit Première à éclairer la nuit Vénus Vénus Vénus Là un dard venimeux Là un socle trompeur Plus loin Une souche à demi trempée dans un liquide saumâtre Et d'acide… Probablement qui vous rongerait les os Et puis Les fruits à portée de main Et les délices divers Dissimulés dans les entrailles d'une canopée Elle est née des caprices Elle est née des caprices Pommes d'or, pêches de diamant Pommes d'or, pêches de diamant Et ces cerises qui grossissaient lorsque La pluie et la rosée Toutes ces choses Guidées par une étoile Guidées par une étoile Première à éclairer la nuit Vénus Vénus Vénus Vénus Elle est née des caprices Elle est née des caprices Pommes d'or, pêches de diamant Pommes d'or, pêches de diamant Et ces cerises qui grossissaient lorsque La pluie et la rosée Toutes ces choses Guidées par une étoile Guidées par une étoile Première à éclairer la nuit Vénus Vénus Vénus Vénus...

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