C'est ça le problème en ce retour de vacances, je suis tellement en forme que je m'agace. Il ne faut pas croire que je déprime, au contraire, grosse patate.Et là ils me soulent, TOUS, avec leurs analyses et leur prospective. Google+ va-t-il supplanter Twitter qui va dépasser Facebook qui va crever dans six mois comme MySpace qui avait dévoré Friendster qui avait achevé Bugatti quelques temps après son OPA sur Smith & Wesson, avant que Benjamin Franklin prenne un coup de jus en déflorant Pocahontas ? C'est ça la vraie question.
Les early adopters vont-ils brûler leur idole et foncer agrandir leurs cercles en profitant de tas de trucs que l'un fait mieux que l'autre qu'il faisait avant mais pas aussi bien que l'autre qui pourrait faire mieux s'il levait les deux-cents milliards que les Vicis ("Venture Capitalists", c'est comme des aventuriers, mais cachés dans des villas à Palo Alto) vont mettre car ils estiment la "valu-a-chionne" (en anglais dans le texte) à près de trois mille milliards pré-money (qui n'a rien à voir avec un champ de maïs réalisé par un impressionniste). Non.
Je divague, me diront les plus coriaces d'entre vous ? Pas du tout. Je m'y connais en réseaux sociaux, je suis un digital enthousiaste (un digital enthousiaste c'est un mec qui aurait voulu être un digital native, mais il porte des jeans de vieux alors les jeunes se moquent de lui à la discothèque). Donc, si on me demande une prédiction gratos, comme ça, avant le petit Calva, je dirais que Google+ ne va pas détrôner Twitter sauf si Lady Gaga y va. Je dirais que Twitter ne va pas mourir sauf si Christine Boutin twitte elle-même et ça ce serait vraiment un sale coup. Et je dirais que Facebook est là pour des décennies vu comment les ados y perdent leur sens du monde extérieur tout en retardant de six ans leur dépucelage, minimum. Je rappelle d'autre part que pendant qu'on se tripote sur les réseaux, leurs fondateurs engrangent des patates par milliards : on enrichit des mecs à qui on aurait jeté des pierres au lycée tellement ils étaient craignos (ceux qui connaissent le mot craignos sont des digital enthousiastes) ! J'ai eu la joie ultime d'entendre Zuckerberg causer en 2007, sur scène. J'ai cru que je regardais un documentaire Tchèque sur les amibes du soja. Le charisme d'un poulpe. Mais un poulpe qui vaut trois milliards, ça rend la foule conciliante.
Pour ma part, j'ai décidé de jouer sur tous les tableaux en attendant de voir ce qui se passe. Je n'abandonnerai aucun navire car je suis sentimental. La preuve, il m'arrive d'aller voir ce qui se passe sur AOL.
Alors arrêtez de vous demander qui va gagner, d'abord parce qu'on s'en fout, ensuite parce que ça n'arrivera pas, et enfin parce que la troisième guerre mondiale approche et qu'on n'aura pas assez de trois réseaux sociaux majeurs pour empêcher les hadopistes qui nous gouvernent de nous supprimer la ligne.
Mens immota sed provocatus pugno. Devise de ma famille.
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