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Steve Jobs est mort. C'est triste. C'est triste parce que c'est triste quelqu'un qui meurt. Comme Troy Davis. Comme Totor, le clodo du coin. Quand quelqu'un meurt, au minimum ça nous fait comme une piqûre de rappel.

Mais je ne sais pas comment exprimer ma froide neutralité face à cette mort. C'est triste. Ni plus, ni moins.

Je ne suis pas matérialiste. Je me fous de mon téléphone. Je me moque de mon ordi. Et l'iPad n'est pas très pratique à mes yeux. Quand bien même ces trouvailles seraient exceptionnelles (et je conçois qu'elles le sont), elles ont autant de valeur pour moi qu'un mixer ou une tondeuse à gazon. Le type était brillant et ses paroles intéressantes, c'est sûr. J'ai adoré son discours face aux étudiants de Stanford en 2005. Inspirant. Comme de nombreux discours.

Mais voilà, au bout du compte, ça reste un type en baskets qui fabriquait des téléphones.

D'autres pensent non seulement l'inverse mais voient en cet homme un génie, un visionnaire, un philosophe. Je respecte, je comprends. Mais il n'y a rien à faire, ça ne me fait rien.

À l'inverse, je pense que le jour où l'on apprendra la mort de Clint Eastwood, je serai très triste. Il est mon Steve Jobs. Je porterai alors un poncho et un chapeau en signe de deuil. Sans doute écrirai-je quelques réplique cultes sur mon wall. Je repenserai à ses films et dirai certainement qu'il était un réalisateur visionnaire, un génie, un philosophe. Les geeks et les entrepreneurs ricaneront gentiment en se disant que c'était juste un acteur comme un autre, pas de quoi en faire un opéra.

Je n'ai absolument aucune idée de là où je veux en venir. Mais au moins c'est dit.

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Tag(s) : #HUMEURS
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